Parcours 1 · Avant d’investirLeçon 1 sur 3

Avant d’investir : la checklist pour un premier placement

Avant d’investir, la checklist tient en sept étapes : fixer un objectif et une date, rembourser les dettes coûteuses, constituer une épargne de précaution, rédiger un plan d’une page, ne mettre de côté que de l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant longtemps, comprendre exactement ce que vous achèteriez et vérifier qui vous paieriez. S’il manque une étape, le plus prudent est d’attendre et de la régler d’abord.

Cette leçon Dividario ne vous dira pas quoi acheter : elle présente chaque étape dans l’ordre, avec un exemple chiffré d’épargne de précaution et un plan qui tient sur une page.

Des blocs pour l’épargne, le logement, les dettes, le temps et les objectifs ; l’investissement vient en dernier, au-dessus

Que faut-il vérifier avant d’investir ?

Avant d’investir, vérifiez sept points dans l’ordre : un objectif clair et daté, aucune dette coûteuse, une épargne de précaution constituée, un plan d’une page, de l’argent que vous pouvez laisser de côté plusieurs années, un placement que vous savez expliquer et une société que vous avez vérifiée vous-même. Chaque étape protège la suivante : en sauter une fragilise les autres.

La checklist avant d’investir
ÉtapeVous êtes prêt quandPas encore si
1. Objectif et horizonVous savez préciser l’objectif, le montant et l’année où vous en aurez besoinLe projet se résume à « faire fructifier mon argent », sans date
2. Dettes coûteusesIl ne reste rien à rembourser sur une carte de crédit, un découvert ou un crédit à taux élevéVous payez des intérêts élevés en espérant gagner davantage ailleurs
3. Épargne de précautionPlusieurs mois de dépenses essentielles sont mis de côté sur une épargne disponible à tout momentUne seule facture imprévue vous obligerait à emprunter ou à vendre
4. Plan d’une pageRevenus, dépenses essentielles, dettes, épargne de précaution et objectifs sont écrits sur une seule pageLes chiffres n’existent que dans votre tête
5. Argent dont vous n’aurez pas besoin avant longtempsVous n’aurez pas besoin de cet argent avant au moins cinq ansVous pourriez en avoir besoin bientôt pour un apport, une voiture ou une facture
6. Comprendre ce que vous achetezVous savez expliquer comment le placement rapporte et comment il peut faire perdre de l’argentVous vous fiez à un tuyau, à une vidéo ou à la réussite d’un ami
7. Vérifier qui vous payezVous avez trouvé vous-même la société sur le registre officielVous vous fiez à un lien, à une publicité ou à un message

Suivez la liste dans l’ordre. Les premières étapes sont moins excitantes que le choix d’un placement, mais ce sont elles qui décident si vous pourrez rester investi quand les cours baissent.

Pourquoi fixer un objectif et une date avant d’investir ?

Un objectif et une date indiquent combien de risque cet argent peut supporter. L’argent dont vous aurez besoin d’ici cinq ans environ est en général mieux gardé en épargne, car une baisse juste avant l’échéance peut ne pas laisser le temps de remonter. L’argent destiné à un objectif à dix ans ou plus a davantage de temps pour traverser les mauvaises passes.

« Long terme » ne veut pas dire grand-chose en soi. « Un apport pour un logement en 2031 » ou « la retraite à 63 ans » vous donnent un repère concret. Associez chaque somme à sa propre date plutôt que de mélanger tous vos objectifs.

Prévoyez aussi la fin : à mesure que l’échéance approche, beaucoup de gens transfèrent progressivement leur argent vers l’épargne, pour qu’une baisse tardive ne compromette pas l’objectif. La leçon suivante, quel risque pouvez-vous prendre en investissant, revient plus en détail sur l’horizon de placement.

Faut-il rembourser ses dettes avant d’investir ?

En général, oui, si la dette coûte cher. Solder une carte de crédit, un découvert ou un crédit à taux élevé donne un résultat certain : chaque somme remboursée supprime des intérêts qui seraient forcément prélevés. Aucun placement ne peut promettre cela. Une dette moins chère et plus longue, comme un prêt immobilier classique, peut en général attendre, mais honorez chaque échéance.

Un ordre raisonnable pour la plupart des gens : garder un petit coussin de départ pour que la prochaine facture imprévue ne finisse pas à nouveau sur la carte de crédit, payer au moins le minimum sur chaque dette, puis consacrer chaque somme disponible à la dette au taux d’intérêt le plus élevé. Une fois celle-ci soldée, reportez ce montant sur la suivante.

Regardez le coût réel, pas seulement le taux affiché : un taux promotionnel qui grimpe à la fin de l’offre peut changer l’ordre. Si les remboursements vous paraissent déjà difficiles à tenir, contactez vos prêteurs sans attendre et cherchez une association d’aide aux personnes endettées près de chez vous avant même de penser à investir.

Combien garder en épargne de précaution avant d’investir ?

L’épargne de précaution se calcule à partir de vos dépenses essentielles, pas de vos revenus. Additionnez ce que vous devriez encore payer si vos revenus s’arrêtaient, puis multipliez par le nombre de mois nécessaires pour rebondir : souvent trois à six, davantage si vos revenus sont irréguliers ou si des proches dépendent de vous. Ajoutez toute grosse facture déjà prévisible.

Pour connaître vos dépenses essentielles, reprenez vos relevés bancaires des trois derniers mois et additionnez le logement, l’énergie, l’alimentation, les transports, les assurances, la garde d’enfants, les forfaits mobile et internet, et les remboursements minimaux de dettes. Divisez par trois. Ajoutez ensuite la part mensuelle des factures annuelles, comme le renouvellement des assurances. Laissez de côté les dépenses que vous supprimeriez en cas de coup dur, comme les restaurants.

Gardez cette épargne en liquidités, sur un compte d’épargne séparé et disponible à tout moment, dans une banque couverte par le dispositif de protection des dépôts de votre pays. Elle ne doit être ni investie ni placée en crypto : un placement peut baisser au moment précis où vous avez besoin de l’argent, souvent pendant le même ralentissement économique qui menace les emplois.

Illustration : calcul de l’épargne de précaution d’un ménage fictif
PosteMontantComment il a été calculé
Logement1 150 €Loyer, d’après les relevés bancaires
Alimentation et produits de base480 €Moyenne sur trois mois, hors plats à emporter
Énergie, eau, forfaits mobile et internet250 €Moyenne sur trois mois
Transports210 €Carburant, billets et stationnement
Garde d’enfants200 €Garde périscolaire
Assurances et remboursements minimaux110 €Primes annuelles divisées par 12, plus le minimum d’une carte
Dépenses essentielles par mois2 400 €Total des lignes ci-dessus
Cinq mois de dépenses essentielles12 000 €L’un des revenus est irrégulier : cinq mois plutôt que trois
Facture connue dans l’année1 500 €Une réparation de voiture prévue
Objectif d’épargne de précaution13 500 €12 000 € + 1 500 €

Si l’objectif vous semble lointain, fixez-vous un premier palier, par exemple un mois de dépenses essentielles, et avancez à partir de là grâce à un virement automatique le jour de la paie.

Illustration uniquement : un ménage fictif, aux chiffres inventés. Votre propre objectif dépend de vos dépenses, de vos revenus et des personnes qui comptent sur vous.

Que mettre dans un plan financier d’une page ?

Un plan d’une page recense vos revenus nets mensuels, vos dépenses essentielles et variables, vos dettes avec leur taux d’intérêt, l’objectif d’épargne de précaution et où vous en êtes, et chaque objectif avec un montant et une date. Ce qui reste ensuite est le maximum que vous pourriez investir chaque mois. S’il ne reste rien, le plan vous dit d’attendre.

  • Revenus : votre salaire net mensuel. S’il varie, retenez votre mois le plus faible d’une année normale.
  • Dépenses essentielles : le chiffre mensuel tiré de votre calcul d’épargne de précaution.
  • Dépenses variables : restaurants, loisirs et abonnements, à un montant honnête plutôt qu’idéal.
  • Dettes : chaque solde, son taux et son paiement minimum, du taux le plus élevé au plus bas.
  • Épargne de précaution : l’objectif, ce qui est déjà épargné et le virement mensuel.
  • Objectifs : chacun avec un montant, une date et une épargne mensuelle (le montant divisé par le nombre de mois restants).
  • Argent de long terme : ce qui reste, s’il reste quelque chose, après tout ce qui précède. C’est la seule ligne qui pourrait être investie.

Datez chaque version et relisez-la une fois par an, ou plus tôt après un grand changement comme un nouvel emploi ou un déménagement. Une petite somme pour le long terme, avec tout le reste en sécurité, vaut mieux qu’une grosse somme sans filet.

Si votre employeur abonde quand vous versez sur une épargne retraite d’entreprise, bénéficier de tout cet abondement passe généralement avant d’investir ailleurs. Demandez-vous aussi si votre pays propose des comptes à fiscalité avantageuse pour épargner ou investir : le choix du compte, ou de l’« enveloppe », peut compter autant que ce que vous achetez.

Combien d’argent investir pour commencer ?

N’investissez que de l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant au moins cinq ans et que vous pourriez voir baisser fortement sans changer vos projets. C’est la ligne « argent de long terme » de votre plan, après les dettes, l’épargne de précaution et les objectifs proches. Commencer petit et ajouter régulièrement vous apprend aussi à vivre une baisse avant que l’enjeu soit important.

Raisonnez en montants, pas en pourcentages. Imaginez cette somme perdre un tiers de sa valeur et rester à ce niveau pendant deux ans. Si cela vous obligeait à vendre, à emprunter ou à repousser un objectif, le montant est trop élevé pour l’instant. La leçon sur la tolérance au risque en fait un court autodiagnostic, avec un exemple chiffré.

Comment savoir si vous comprenez un placement ?

Vous comprenez un placement quand vous savez expliquer, en deux ou trois phrases simples, ce que c’est, comment il rapporte, ce qui pourrait lui faire perdre de l’argent, ce qu’il coûte chaque année et comment vous en sortiriez. Si vous n’y arrivez pas, ou si vous vous reposez sur l’assurance de quelqu’un d’autre, vous n’êtes pas encore prêt à l’acheter.

Lisez les documents du produit lui-même, pas un résumé fait par la personne qui le vend. Pour un fonds, il s’agit en général de son document d’informations clés (DIC) et de sa fiche produit : dans quoi il investit, son indicateur de risque, ses frais et comment le revendre. Deux fonds aux noms différents peuvent détenir à peu près les mêmes titres : vérifiez leur composition.

Les frais méritent un examen à part, car des frais prélevés chaque année s’accumulent, que le placement monte ou baisse. Notre leçon sur le fonctionnement des frais de placement en montre l’effet en argent, et la grille de décision « Dix avant de payer » rassemble le tout quand vous étudiez une option précise.

Comment vérifier qui vous payez ?

Cherchez vous-même la société sur le registre financier officiel de votre pays, en tapant l’adresse du régulateur plutôt qu’en suivant un lien. Vérifiez qu’elle est autorisée à proposer ce service, que ses coordonnées correspondent à ce qu’on vous a donné et que le paiement va sur un compte à son propre nom. Ne payez jamais une personne ni un portefeuille crypto.

Les noms connus méritent la même vérification, car ce sont eux que les escrocs copient le plus. Ensuite, laissez-vous du temps : ne payez jamais à cause d’une date limite, d’un bonus pour agir tout de suite ou d’une demande de discrétion. Une vraie opportunité sera toujours là la semaine prochaine.

Notre leçon sur la vérification d’une société d’investissement ou d’un courtier détaille le registre étape par étape, et celle sur les signaux d’alerte d’une arnaque au placement décrit les techniques de pression des escrocs.

Vous voulez suivre cette checklist avec vos propres chiffres ? En cours particuliers d’investissement, nous passons en revue avec vous l’épargne de précaution, le plan et les vérifications, et la décision reste la vôtre. Leçon suivante : quel risque pouvez-vous prendre en investissant ?

Avant d’investir : les questions fréquentes

Combien d’argent faut-il pour commencer à investir ?

Il n’y a pas de chiffre unique. Beaucoup de plateformes acceptent de petits versements réguliers ; la vraie question est donc de savoir si cet argent passe la checklist : aucune dette coûteuse, une épargne de précaution constituée et un montant que vous pourriez laisser de côté plusieurs années. Commencer petit vous apprend aussi à vivre une baisse avant que l’enjeu soit important.

Faut-il d’abord constituer une épargne de précaution ou investir ?

Constituez d’abord l’épargne de précaution. Sans elle, une facture imprévue pourrait vous obliger à vendre vos placements au mauvais moment, et une baisse passagère deviendrait une perte réelle. Un ordre courant : un petit coussin de départ, puis le remboursement des dettes coûteuses, puis l’épargne de précaution complète, et enfin l’investissement.

Est-ce prudent d’investir dans un placement que je ne comprends pas entièrement ?

Non. Si vous ne savez pas expliquer comment un placement rapporte et comment il pourrait vous en faire perdre, vous ne pouvez pas juger si ses risques et ses frais vous conviennent. Lisez ses documents clés, posez vos questions par écrit et attendez de pouvoir y répondre avec vos propres mots.

Quand vaut-il mieux consulter un conseiller financier agréé ?

Si vous voulez un avis personnalisé sur ce qu’il faut acheter, ou si votre situation touche à la retraite, à la fiscalité, à une grosse somme ou à une décision complexe, adressez-vous à un conseiller financier agréé. Dividario vous apprend à comprendre la décision et à poser les bonnes questions, mais ne donne pas de conseil en investissement personnalisé.